Bim bam boum, la chatte aux guest stars. Dans le cadre de ma déjà légendaire série d'articles "Wearing Memories", j'ai demandé à des potes de prendre ma place, et de vous parler de leurs t-shirts de groupes.
   Le premier à se coller à l'exercice est le frère Matthieu, dessinateur de talent et ami de longue date, avec lequel je collabore sur les Chimères de Mirinar (premier tome édité chez Pygmalion, achetez-le, putain). A lui de vous raconter un joli moment de lose à Las Vegas.

wearing_memory_matth   On a tous des petits rituels à la con, des principes absurdes qu'on suit tout en sachant pertinemment que ça l'est, absurde. Ou alors c'est que moi, je ne sais pas, toujours est-il que je me suis toujours tenu à n'acheter de t-shirts de groupes qu'aux concerts de ces derniers. Ma garde-robe est ainsi pleine de t-shirts de métal correspondant tous à un souvenir de show musical. Je vous laisse donc imaginer le dilemme que c'est de devoir en choisir un en particulier pour écrire un article dessus.
   Puis finalement celui qui l'a emporté c'est le t-shirt de All That Remains, groupe de metalcore américain plutôt sympa. De tous les groupes dont je porte les couleurs c'est probablement celui que j'écoute le moins, mais il représente les souvenirs les plus sympas, je pense.

   J'ai vu pas mal de concerts de métal, une cinquantaine je dirais, mais un seul aux Etats-Unis. All That Remains, 16 octobre 2009, House Of Blues, Las Vegas. Yeah baby.
   Je ne connaissais pas du tout All That Remains à l'époque. La petite histoire c'est qu'on s'était programmé un road trip aux States avec un pote habitué du coin, histoire de se dépayser un peu dans les déserts de l'Ouest Américain. Las Vegas était programmé sur notre itinéraire de voyage, et c'était un pur et heureux hasard qu'un concert de métal soit programmé le jour même de notre arrivée dans cette cité du vice. Bien qu'ayant une sonorité différente des groupes que j'écoute habituellement, j'ai toujours aimé Lacuna Coil et ruminais pas mal de ne jamais les voir tourner en France. Or, ils étaient annoncé comme première partie de All That Remains et c'est la raison qui nous a poussé à se prendre des places.

   J'ai découvert à cette occasion l'existence de ce qu'ils appellent des tickets VIP. Apparemment ça se fait souvent aux Etats-Unis, encore un truc qu'on a pas en France. Si, j'ai vu ça une fois pour le concert d'Epica qui aura lieu fin avril, mais sinon nada. Le principe c'est qu'on achète une place de concert un peu plus cher et ça nous donne droit à rencontrer le groupe, à des t-shirts gratos, poster dédicacé, etc. Là les places VIP concernaient All That Remains mais on espérait rencontrer aussi Lacuna Coil dans la foulée. Et on comptait sur les autres fans de All That Remains pour meubler les conversations avec ce groupe qu'on ne connaissait absolument pas, je le rappelle.
   Au final y avait juste mon pote et moi...
   Imaginez le truc, on était les deux seuls Français du public et les deux seuls qui avaient pris des places VIP. Quand la manager du groupe nous a rencontrés, pour elle on était juste les fans ultimes. Limite elle nous violait dans les toilettes. Alors qu'en fait on ne connaissait pas la tronche et le nom d'un seul des membres du groupe... Je crois que les gars d'All That Remains (enfin les gars et la nana) s'en sont un peu rendu compte, et avec le recul je m'aperçois de la loose que ça devait être. Tu vends des places VIP et y a que deux types qui répondent présents, et ils te connaissent même pas mais sont là pour ta première partie. Mais bon la rencontre était quand même sympa. Et pour le coup, leur t-shirt déchire carrément. Quand je veux porter un truc qui fasse bien sentir ce que j'écoute comme musique, c'est celui-ci que je mets. Le côté crâne, tout ça. Je l'aime vraiment, ce bout de tissu.

   Bon, pour rester dans le souvenir de cette soirée on a quand même pu rencontrer Lacuna Coil. Pas pendant la rencontre VIP, qui n'est vraiment réservée qu'à la tête d'affiche, mais après le show. Le House of Blues est plus un bar qu'une salle de concert, et il se trouve en plein milieu d'un hôtel-casino. Les groupes ont donc mangé sur place et se sont payé une balade nocturne aux tables de jeux après leur prestation. En bon gros groupies, on a traqué les membres de Lacuna dans tout le casino, en se faisant même jeter par l'un d'eux qu'on était aller jusqu'à emmerder pendant qu'il bouffait. C'était plutôt cool.
   Par contre on a croisé la divine chanteuse de Lacuna Coil, Cristina Scabbia, aux milieu des machines à sous, et elle a été géniale et super dispo pour tailler le bout de gras avec nous. On avait appris à l'époque en exclu qu'ils prévoyaient de revenir en France dans pas longtemps, et j'en ai retiré une des plus chouettes photos de concerts que j'ai : bras-dessous bras-dessus avec Cristina Scabbia, dans un casino de Las Vegas. Bordel, je pense pas faire mieux un jour.
   Puis ça a dû la marquer un peu quand même que des Français la rencontre comme ça en plein Vegas car des mois plus tard elle nous a reconnus quand on l'a chopée après son concert à l'Elysée Montmartre à Paris (paix à cette salle mythique).

   Donc voilà un échantillon des souvenirs qui accompagnent ce t-shirt de All That Remains. Et je parle même pas de tout le voyage aux Etats-Unis, qui me revient forcément aussi quand je repense à tout ça. Là-bas, on sent vraiment que la France n'est pas du tout un pays de métal. J'ai découvert plein de groupes en 3 semaines de road trip, que ce soit à ce concert à Las Vegas où simplement à la radio américaine.
   Dernière anecdote pour clore l'article, ce t-shirt est aussi le plus grand que j'ai. Les références US sont différentes de chez nous, du coup un L là-bas correspond à un XL ici. Mais bon c'est pas grave, je le porte volontiers quand même. Et maintenant vous savez pourquoi.

Auteur : Matthieu Leveder