Yo yo. Yo. Ca roule ? Bon, comme d'hab vous n'allez pas me répondre. Je me demande pourquoi j'y crois encore.
   Cette semaine, rubrique musique. D'ailleurs, je vais essayer d'apporter un peu de discipline à ce blog de branle-bourse. Désormais, et jusqu'à ce que j'en ai marre, il y aura un article par semaine, toutes les semaines. Une fois sur deux, ce sera musique, et l'autre fois, bah ce sera un autre truc. On verra si cet élan disciplinaire tient plus d'une semaine.
kat   Pour cette fois ça va être très géolocalisé : cinq disques, tous plus ou moins messins de corps et d'âme. La faute au label Chez Kito Kat (dont j'ai déjà parlé), qui a inondé ma boîte aux lettres de disques sans que je n'ai rien demandé. J'ai bien aimé l'expérience. Si d'autres labels ont du rab, hein, bon, vous avez compris, quoi.

   Ah oui, non mais déjà, on va parler d'un truc lié à Metz, mais qui n'est pas un disque. C'est le blog "Records are better than people", tenu par la légende Florian Schall qui, il y a quelques mois, a été interviewé ici même. Ce blog est en lien dans la colonne de gauche depuis longtemps, et j'espère que vous y êtes déjà allés. Ca y parle de disques, donc c'est plus utile que tout ton historique internet du jour (site porno, vidéo de chat, site porno, site porno, Facebook, site porno, Facebook, site porno, page Facebook d'une actrice porno). Et le mois dernier, Flo a ouvert son blog à ses potes, pour fêter l'anniversaire de la page. Tout le monde a pu parler de son ou de ses disques favoris, des souvenirs qui y sont liés, et il y a vraiment des trucs super touchants dans le lot. Allez donc y faire un tour.
   Mais bon, déjà, lisez mes critiques de disques, putain.

171430_the_hardest_step_04102011_1457Alone With King Kong "The Hardest Step" (Chez Kito Kat Records, 2011)
   Le premier titre de cet album, "Down in the basement again", est un putain de générique d'ouverture de film indé. C'est pas du tout une insulte dans ma bouche, hein. Juste une évidence, qui par contre reste limitée à ce premier titre, le reste du disque n'étant pas du tout, à mes oreilles, cinématographique. Et là non plus, c'est pas une insulte. La musique a le droit d'être de la musique.
   J'ai vu Thomas (l'homme derrière ce faux groupe) en concert avec Twin Pricks, il y a maintenant un bon paquet de mois. Je n'avais pas complètement adoré son premier EP, mais j'avais vraiment aimé ce que j'avais vu sur scène, j'avais trouvé ça plus enlevé, plus énergique, plus pop, en fait. Et je retrouve un peu cette impression sur certains titres de ce premier album. Sur le titre éponyme par exemple (ici en version acoustique), il y a un lâcher prise clairement bandant.
   Après, l'essentiel de l'album reste confessionnel, précis, discret. Il n'y a absolument rien de putassier, ni du côté pop ni du côté folk intimiste, c'est un disque qui trace sa route à lui sans demander la direction à personne, j'ai l'impression. Et cette route, ce n'est pas tout à fait celle que j'aime emprunter en tant qu'auditeur. Elle n'en est pas éloignée, vraiment pas, on peut se voir l'un l'autre et se faire signe, mais ça reste deux routes différentes. La comparaison avec Elliott Smith que j'avais déjà sortie pour le EP peut être, paresseusement, réutilisée, je trouve. C'est l'album d'un mec qui fait sa musique avec honnêteté et passion, et à partir de là, peu importe que tu kiffes, que tu apprécies ou que tu t'en foutes complètement. Ce disque peut et doit exister.
   A noter que Thomas, sur son blog, a écrit plusieurs textes bien cool sur l'enregistrement de cet album.

imagesCA64EBMMBeats For Sale "The Dream of a Knicker" (Chez Kito Kat Records, 2011)
   Grosse baffe dans ma gueule, je peux remballer mes métaphores de routes divergentes et tout ça. Avant l'arrivée du disque dans mes enceintes je ne connaissais de ce groupe que son nom, checké par hasard lors d'un passage sur le site du label, j'imagine. Ah ouais, non, aussi, je savais que parmi ses rangs se trouvaient les boss dudit label, Salima et Samuel. Donc peut-être que cette critique va avoir une dimension légèrement lèche-cul, mais peu importe.
   De tous les disques ici commentés aujourd'hui, laisse tomber, celui-ci est de très loin mon favori. Cinq titres, pas une seconde à jeter. Hip-hop noir et méchant sur glaciers électro/indus qui coupent les tympans. Ouais, ça veut pas dire grand-chose et ça décrit mal le délire. Je ne sais même pas comment faire, en fait, c'est ce genre de disque qui me met face à mon inculture musicale... Je sais qu'il y a des groupes desquels je devrais rapprocher Beats For Sale, genre "c'est du [insérer un nom de groupe], mais en plus [insérer un adjectif]". Mais là je sèche. Je sais juste que Salima a une voix froide, un flow mécanique, presque sans variations, et que c'est mortel, ici. T'as l'impression de te manger des coups de chaîne au fond d'un entrepôt désert pendant l'écoute de cet EP, qui laisse franchement douter de l'existence du bonheur. Négativisme musical, mec, vois par toi-même. Mortel puissance 5. J'espère qu'il y aura une suite, et qu'elle sera prochaine.

165905_the_endless_thanks_list_15072011_0840Dr Geo "The endless thanks list" (Chez Kito Kat Records, 2011)
   Nouveau disque solo de la moitié capillairement soignée de Twin Pricks, cet album a, ça doit être dit d'entrée, une pochette magnifique, signée Nicolas Moog. Et en fait c'est chelou, mais je trouve cette pochette tellement adaptée au disque qu'elle en est selon moi un bon indicateur : si tu kiffes la pochette, perds pas de temps en réflexions inutiles et achète cet album.
   Le bon goût musical commence par une reprise de Skip James (Ghost World, anyone ?), et se poursuit avec dix titres qui te font à chaque fois croire un truc différent. "Ah, c'est un album de country-rock, en fait !" ("Back and Forth") ; "putain mais c'est quoi ce son post-rock ?" (Raining Day 1") ; "d'où il lâche son tube pop estivale ?" ("The State of Wisconsin") , et ainsi de suite. Ca part dans tous les sens, et bizarrement, ça reste très cohérent. Question de son super étudié, je pense, qui enrobe chaque titre dans une ambiance similaire malgré les différences de taille entre eux. Une ambiance sépia de bar caniculaire à la frontière mexicaine. Ouais, comme cette pochette, quoi, on y revient.
   Je suis une merde sans voiture ni permis, mais j'imagine sans problème que ce disque est mortel pour conduire. Ca aussi, ça devait être dit. Gros album.

124444_polaroid_31082010_1007Orange Brown "Polaroid" (Le Kit Corporation, 2007)
   Woot Woot ! C'est pas chez Kito Kat, et ça date pas de 2011 ! Mais bon, je soupçonne "Le Kit Corporation" d'être une filiale souterraine de Kito Kat, ou sous ancêtre. En tout cas ça reste messin. Et d'ailleurs, la suscitée moitié de Twin Pricks dont il était question au-dessus, Geoffrey, est à nouveau présente ici, devenant cette fois la moitié masculine du duo. Mais gardons les liens consanguins sous-tendant cette série de critiques pour la fin.
   Bon, bah ça fait trois fois que je dis ça et ça commence à devenir chiant, mais j'adore ce disque. C'est une pop douce, cette fois très cinématographique (sample de Memento inside), dont les ambiances sont généralement fixées à 17/18H un soir d'automne. Genre il fait presque nuit et tu rentres du taf pendant que les lampadaires s'allument progressivement. Ca semble prêt à devenir triste d'un instant à l'autre, sans jamais vraiment passer le pas des larmes, à part sur le titre final, très justement nommé "Trust me (can you) see my tears". Cette chronique est incroyablement bien écrite, je trouve.
   Geoffrey est à nouveau au chant, et forcément y'a des ressemblances avec Twin Pricks sur certains titres, mais ça reste distinct, plus calme ici, plus "patient", si ça peut avoir un sens. Ca prend son temps.
    C'est chelou, ce que je vais dire va forcément ressembler à une critique, mais juré c'est un compliment : je n'arrive pas à écouter ce disque en me concentrant sur ce qui sort des enceintes. La force d'évocation musicale fait naître des images, des trucs mentaux, et finalement je me concentre sur ça plutôt que sur la musique qui continue à souffler dessus pour en transformer les formes. Moi je trouve ça cool. J'imagine que ce sera aussi ton cas.

Cover_20AvantThe Skans "Alaska" (Chez Kito Kat Records, 2011)
   Bon bah l'honneur est sauf, je termine la série par un disque que je n'ai pas aimé. Donc je ne vais pas m'éterniser, j'ai pas trop envie de dire du mal.
   Ici, pour reprendre ma métaphore des routes, c'est carrément à l'opposé des chemins que je kiffe parcourir. C'est sûrement bien fait, surtout en prennant en compte le fait que les membres du groupe sont genre lycéens, mais c'est presque complètement hermétique pour moi. Pense à, je sais pas, The Strokes, "tout ça". Si tu kiffes ce style, tu vas probablement kiffer ces cinq chansons, j'imagine. Fais-toi ton avis toi-même, tiens, ça vaudra sûrement mieux que le mien.
   Moi je me suis contenté d'aimer la dernière, "Heartbreaker", plus ambiancée et nostalgique que les autres, moins rock, mais plus contemplative, plus propre à me plaire. A toi de voir, vraiment.

   Bon bah voilà, on a fait le tour ! Alors, comme promis, petite parenthèse sur la consanguinité messine (aaah, la Lorraine... Ca va, c'est bon, j'y ai habité quatre ans).
   Geoffrey, moitié de Twin Pricks, est également le mec derrière le disque Dr Geo et la moitié d'Orange Brown.
   En tant que moitié de Twin Pricks, il est d'ailleurs en guest sur l'album d'Alone With King Kong, en compagnie de Flo, l'autre moitié de Twin Pricks.
   Flo est également, seul, en guest sur un titre de Beats for Sale.
   Enfin non, pas seul, puisque sur ce même titre il y a également d'invitée Ori, l'autre moitié des suscités Orange Brown.
   Et là je me contente de parler des disques de ce coup-ci, hein. La cosmogonie du label se complique encore avec leurs autres disques.

   Allez, c'est bon, le taf est fait, je me casse. Je vous laisse juste avec un clip que je trouve magnifique, tant visuellement que musicalement. C'est encore et toujours issu de l'écurie Kito, mais pas d'un des disques dont il a été ici question. Allez, je la ferme et je vous laisse regarder.