Il me reste encore trois dossiers de fac à boucler pour lundi. Je suis TRES loin d'en voir le bout. Donc, forcément, ça me semble être le soir idéal pour revenir sur le contenu musical de mon année 2010. Exercice obligé d'un blog en fin d'année.

   Tout d'abord, il me faut revenir un peu en arrière. 2009 n'était pas une énorme année, mais était quand même mieux que ce que j'ai d'abord cru. Parce que HORSE the band. Parce que Teenage Renegade. Parce que Gasoline Heart. Parce que "Home" d'Edward Sharpe & The Magnetic Zeros. Parce que pas grand-chose d'autre.
   Ouais. 2010 fut bien plus musclée, quand même.
   Mais bon, si la qualité fut là, la quantité pas trop. Du moins chez moi. Je suis pauvre. Et je ne me suis mis à hadopiser que depuis... Bah que depuis Hadopi, en fait. Je ne plaisante même pas. Je ne donne dans l'illégal que depuis que c'est illégal. C'est stupide, mais je ne prétends pas à l'intelligence supérieure.
   Donc, pas tellement de disques sous le coude. Donc pas de quoi faire un "top". Donc, bim, dans ta face : je vais parler de tous les disques estampillés 2010 que j'ai un peu écoutés. T'en fais pas, ça va pas être si long non plus. D'une part parce que je n'ai pas suivi l'actualité façon chien de compagnie, et d'autre part parce que je te rappelle que j'ai des dossiers de fac à boucler, moi. Jeune branleur.
   C'est aussi pour ça que je n'écrirai rien sur la fin de l'année, le temps qui passe, et ce genre de saloperies.

36 Crazyfists "Collisions and Castaways"
36_Crazyfists_Collisions_And_Castaways_300x300   Ca faisait deux albums qu'on sentait le coup venir. Bah ça y est, on est dedans : 36 Crazyfists est officiellement devenu un groupe de merde. Metalcore ultra générique, rien à sauver. Dire que les auteurs des fantastiques "Bitterness the Star" et "A Snow-Capped Romance" sont devenus ça... Mes jeunes années ont mal au cul.
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Alone With King Kong "Three Hats On One Head"
alonewkk   J'en ai déjà parlé ici. Et mon avis n'a globalement pas changé. Juste deux petits ajouts : tout d'abord, je n'étais pas ironique du tout quand je disais que l'accent anglais était super bon. Je le précise parce qu'un pote a cru ça. Mais non, j'étais sérieux ; ça arrive même aux meilleurs. Ensuite, le premier titre du disque, "Let's call it a song", revient vraiment souvent dans mes oreilles. Les autres chansons me touchent moins, mais celle-ci a vraiment toute mon affection. Là non plus, je ne suis pas ironique.

The Ataris "All Souls Day & The Graveyard of the Atlantic"
theataris_allsoulsday_nov23   Aaaaah... Ceux qui me connaissent le savent, les autres devraient le savoir aussi : les Ataris sont mon groupe favori. De très très loin. Kris Roe est mon messie personnel, mon poète intime, et chacun de ses albums un nouvel évangile à ma bible. Donc j'attendais ces premières esquisses du nouvel album avec autant d'impatience qu'un puceau l'update de son site porno favori.
   Deux chansons, c'est peu. Mais déjà bon à prendre quand l'album se fait attendre depuis genre quatre ans. Je passerai sur les changements de line-up et les mésaventures de studios et de labels, on n'a pas la nuit non plus. Je me contenterai de dire que ces deux chansons ne sont pas les meilleures des Ataris, même pas des chansons géniales, mais qu'elles n'augurent pas non plus d'un album décevant. Je suis un peu sur mes gardes, et je n'attends plus un chef-d'oeuvre de la trempe de "so long, Astoria" ou "Welcome the Night", les deux précédents albums, mais je suis encore tout à fait confiant. J'espère ne pas avoir tort. Et j'espère le savoir en 2011. Enfin.

Joey Cape "Doesn't Play Well With Others"
joey_cape_doesnt_play_well_cover   Bon, bah là aussi, j'en ai déjà parlé. Et mon avis n'a pas été transformé par le peu de temps qui s'est écoulé depuis. Simplement, j'ai désormais l'album en entier (phrase incompréhensible si tu es le genre de chien galeux à ne pas suivre les liens hypertextes que je te mets, tocard), et les dernières chansons livrées font partie des meilleures du disque. Ca reste un joli album assez touchant, sans génie mais avec de la grâce, et un projet aussi généreux qu'il a été sympa à suivre mois après mois.
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Cassis Orange "EP"
1381_cassis_orange_big   Ca devient le running gag de cette rétrospective 2010, mais j'ai déjà parlé de ce disque. Mon avis n'a pas changé, même si, pour être sincère, je me surprends assez rarement à réécouter ces quatre chansons. Qui restent néanmoins superbes. Mais bon. Voilà quoi. Hein.
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... (pour ceux qui se demandent, ces séries de "..." sont uniquement là pour corriger la mise en page de merde de Canalblog. Et non, je n'arrive pas à les mettre en blanc sur blanc)
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Dead Pop Club "Home Rage"
pochette_dead_pop_club   J'en. Ai. Déjà. Parlé. Et mon avis reste tout à fait immobile : disque français de l'année. Si t'aimes pas, tu dégages et tu reviens pas, parce que rien de ce que je raconte ici ne pourra jamais te plaire. Toute ma vie est contenue dans ce disque.
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Far "At Night We Live"
far_atnight   Le sujet a déjà été débattu ici, et mon saint avis n'a pas bougé d'un iota. Grand putain de disque.
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The Gaslight Anthem "American Slang"
gaslight_anthem_american_slang   Mais... Mais... Mais oui ! J'ai déjà parlé de ce disque ! Et pas qu'un peu, en plus. Et mon avis n'a pas bougé depuis la deuxième critique. Mais comme certains n'ont peut-être lu que la première, je vais préciser. En fait, ce disque est génial. Il met juste du temps à s'apprivoiser, à dévoiler les trésors cachés derrière sa façade de wannabe Springsteen. En fait, tout ici a un goût à se damner, et le Gaslight reste l'un des groupes les plus précieux de notre époque, sans problème. Laissez à "American Slang" le temps dont il a besoin. Laissez-le passer au bout du couloir, puis repasser plus près de vous, puis encore plus près... Il est cette fille à grosses lunettes que personne ne remarque et qui devient la bombe sexuelle du lycée dans n'importe quel teen movie. Il est un grand disque.

Jonah Matranga "You're All Those Things And Then You're None"
Jonah_YATTATYN_v1_Cover_300   J'aime Jonah Matranga. A la folie. Je l'ai plus vu en concert que n'importe quel autre artiste, j'ai une quantité assez faramineuse de disques auxquels il a participé, et je suis son actualité façon groupie Twilight. Et, quelques lignes plus haut, j'ai encensé le nouvel album de son groupe Far (on se passera du jeu de mots évident).
   Mais là, non. Faut arrêter, Jonah. T'aimes sortir dix disques par an, ok, c'est cool, ça aide sûrement à envoyer ta fille à l'université, mais t'es pas obligé d'enregistrer toutes tes sessions studio pour en faire des albums. Ce disque serait à peine valable en tant que compilation posthume de raretés retrouvées au fond d'un studio oublié. Alors en tant qu'album officiel, c'est juste du foutage de gueule. Une seule chanson cool, la première, "This is who I gonna be when I grow up", et tout le reste qui fait ronfler en deux minutes.
   Bon, faut être juste : ce disque est censé n'être qu'une "première étape". Jonah a lancé via son site un appel à ses fans, pour qu'ils envoient leurs sons, propositions, lignes de chant, choeurs, remixes... Et pour qu'au final ce disque devienne un truc collégial auquel tout le monde aura participé le temps de quelques notes ou de chansons entières. Peut-être que le résultat final sera cool.
   Reste que pour le moment on n'a que la première étape, et qu'elle est chiante à mourir.

Sleech "One Shot"
sleech_one_shot   Hey, tu sais quoi ? J'ai déjà parlé de ce disque ! Et mon avis a presque un peu changé ! Whouhou ! Bon, en fait, pas tant que ça non plus. C'est juste qu'à force d'écouter les deux disques, j'ai commencé à voir des vraies différences entre Sleech et Teenage Renegade, l'un de ses groupes-parents. Sleech est plus âpre, plus rugueux, plus Pixies que Damone. C'est peut-être pour ça que je préfère Teenage Renegade. Mais pas au point de ne pas me rendre compte que Sleech taloche les culs très efficacement, lui aussi.

The Summer Set "Love Like This"
thesummerset   Bon. Bah le voilà : mon disque de l'année. Je ne l'ai découvert qu'il y a quelques semaines, littéralement, et il a soufflé toutes les autres prods 2010 loin derrière lui, d'un coup, comme ça, facile.
   Mais je devrais peut-être pas trop le dire, parce que les seuls potes auxquels je l'ai fait écouter jusqu'à présent se sont direct foutu de ma gueule, et quelque part je sais qu'ils ont eu un peu raison. Mais non. Non, putain. Ce disque est juste trop bon, c'est du sensitif, du plaisir fait son, un truc qui te redonne le sourire, qui fout un soleil au coin de ton ciel hivernal, qui te fait chanter en coeur et te souvenir de toutes les filles que t'as aimées ou aurais aimé aimer.
   Musicalement, j'ai présenté ça aux sus-mentionnés potes comme la rencontre de Lady Gaga et de Blink-182. J'aurais pas dû, ça les a pas mal aidés à me lancer des cailloux. Mais c'est une description pas totalement hors de propos à l'écoute d'un titre comme "Young", sorte de relecture pop-punk californien du concept electro-daubesque de "hit de l'été". Sauf que là c'est mortel, évident, juste dans chaque note et chaque parole.
   Onze titres, onze tubes, absolument rien à jeter (je suis même incapable de dire quels sont mes titres favoris, je n'en zappe jamais un seul), coup de foudre immédiat pour ces gosses qui pourraient être un simple groupe pop/MySpace/fluo de plus, et qui sont juste mes nouveaux héros. Ca ne survivra peut-être pas au temps, mais à la fin, rien n'y aura survécu, de toute façon, alors peu importe. Mate ça, c'est le premier titre de l'album, et ça annonce la couleur : orange comme un putain de coucher de soleil sur ta gueule de lycéen en vacances.
ERRATUM : bon, et en fait, visiblement, ça marche pas, parce que ce disque est sorti en 2009. Mais il es REssorti en 2010, avec un disque bonus, et c'est cette version que j'ai. Alors ça marche quand même. J'ai dit.

Twin Pricks "Young at Heart"
TwinPricks_promo_292x300   Toujours en avance sur mon temps, j'ai déjà parlé de ce disque ici. Et si mon avis n'a pas bougé, il mérite d'être un peu souligné : les cinq chansons de cet EP, et plus particulièrement les trois dernières, sont d'ultimes gemmes qui défonceront toutes les faces capables d'écouter un disque. Tuerie sans borne, missile acoustique de l'année, les gars je ne vous connais pas vraiment, mais je vous aime. Vous me faites presque chialer, tiens. Putain. De. Disque. Et putain d'année pour la France, avec le Dead Pop Club.

Uplift Spice "Memento"
uplift   Les groupes japonais me font peur. Principalement à cause de leurs fans, très majoritairement féminines, qui semblent n'être capable que d'aimer lesdits groupes japonais. Et uniquement eux. De les aimer à la folie. Parce qu'ils sont japonais. De pleurer en hurlant leur nom, même quand c'est un groupe de punks et que les fans en question ont la trentaine.
   Merde, j'ai peur à nouveau.
   Uplift Spice est japonais. Donc j'avais peur. Mais en fait non, c'est super cool. Pas tout à fait à hurler de bonheur, mais bien assez pour hocher la tête et serrer les poings. Pop-rock qui lorgne vers le punk et le garage, prod carrément bonnasse qui n'en a rien à foutre des voix sur-mixées et des sons trop clairs, chanteuse qui bute bien avec une voix qui reste pile à la limite entre tuerie auditive et grincement de dents, très bon kiffe. Par contre, vu les tentatives de trad que j'ai trouvées sur internet, c'est visiblement une bonne chose que je ne comprenne pas les paroles.

We Are the In Crowd "Guaranteed to Disagree"
weare   Groupe qui, "physiquement", ressemble beaucoup à The Summer Set (ados à mèches, vêtements fluos, page MySpace travaillée chaque jour...), et qui parvient à un résultat diamétralement opposé. Aucune classe, aucune énergie, une dose de pose invraisemblable, du pathos à tous les étages, un sérieux constant qui fait presque rire plaqué sur les visages encore boutonneux des musiciens, et un certain talent pour la pop complètement gâché par des pets bien trop hauts placés compte tenu du postérieur affaissé de ce groupe. J'ai même pas envie qu'ils disparaissent, simplement qu'ils arrêtent de se la jouer et commencent à s'amuser. Ils deviendront peut-être meilleurs. Ou non, d'ailleurs.