Dans quelques jours, je me casse une semaine avec mes parents et ma soeur. Ce voyage n'a quasiment que des avantages : c'est une excuse en béton armé pour éviter les fêtes de famille qui ne manquent jamais de me plonger dans une dépression poisseuse de haine, il fera forcément plus chaud là où nous allons qu'à Paris, ça fait facile plus de cinq ans que je suis pas parti avec ma famille, et ça me donnera une raison pour ne pas avancer mes dossiers de fin de semestre (que je n'aurais de toute façon pas avancés, voyage ou pas).
   Seul problème : je ne peux pas apporter ma PS3 avec moi.

   Oui, je sais, ça fait bien mille ans que je n'ai pas parlé de jeux vidéo ici. Ca vous a manqué, je m'en doute. Mais rassurez-vous, dans l'ombre, je continuais à faire chauffer ma manette. Je n'ai pas faiblis, je n'ai jamais mis genou à terre, et j'ai continué avec talent à éviter la "vie réelle", les responsabilités et le contact physique avec d'autres êtres humains. Seuls les jeux comptent, ceux qui savent savent.
   Rétrospective de mes dernières acquisitions en matière de shoots 'em up. Parce que les shoots, c'est la vie. C'est le jeu vidéo comme ce relou de David Cage ne veut plus en voir, c'est l'origine, c'est le doigt appuyé sur un bouton, les ambitions cinématographiques dégagées au loin, le score affiché en gros, la patience, les réflexes... C'est le jeu vidéo tel qu'il a été, est encore, et ne sera peut-être plus d'ici quelques temps. Survivre la nuit va donc oeuvrer pour sa défense.

Gravity Crash   (PSN uniquement)
gravity_crash   Pas tout à fait un shoot 'em up, même si on dirige bien un vaisseau spatial qui tire sur d'autres vaisseaux spatiaux et qui doit sauver l'univers d'une quelconque invasion.
   En fait, c'est un shoot exploration. On dirige son vaisseau dans toutes les directions, on peut explorer le niveau tant qu'on le veut et selon l'itinéraire qu'on voudra, sans être, comme d'habitude dans les shoots, pressés par un scrolling automatique (les profanes en matière de jeux vidéo doivent se régaler de ce lexique évident). Par contre, la contrainte, c'est la gravité : le vaisseau est automatiquement attiré vers le sol, et il faut en permanence contrebalancer cette force d'attraction par des poussées des réacteurs. C'est sûrement un peu original. Juste un peu. En parallèle à ça, faut gérer son carburant, retrouver des objets, buter des ennemis, et trouver la sortie. Puis recommencer dans une autre zone. Et recommencer encore. Et encore.
   Lâchons tout de suite le morceau, quitte à nous aliener la partie du lectorat qui se délecte du suspense habituellement présent sur cette page : "Gravity Crash" est le plus mauvais jeu présenté ici. Et c'est même un mauvais jeu tout court.
   Pas très beau, même si doté d'une esthétique originale à base de couleurs néons, ça pêche surtout par le manque de plaisir procuré. C'est lent, pataud, jamais frénétique (la cadence de tir est risible), MEGA-répétitif d'un niveau à l'autre, et même pas difficile, puisque le jeu a un système de continues particulièrement gentil. En gros, t'as des vies infinies, de base, et aucun moyen de ne pas en avoir.
   Bref, y'a plein de meilleurs usages possibles des genre sept euros que coûte cette quasi-merde, uniquement sauvée par ses bonnes intentions palpables. Le studio s'est foiré, mais aurait aimé réussir, ça se sent. Ca marche, je leur laisse la vie sauve. Pour le moment.

GundeadliGne / Gundemonium Recollection   (PSN uniquement)
gundemoniumgungeadliegne__4__1272480269   Bon, y'a deux jeux, là, mais comme 1) ils sont développés par les mêmes mecs (le studio Rockin' Android), 2) ils ont un gameplay méga-similaire, 3) une esthétique clonée et 4) un univers commun, bah on va les regrouper, parce qu'on n'a pas que ça à faire.
   Bon, en fait si, mais bref.
   Ces jeux sont la folie incarnée. C'est un déluge de boulettes à éviter, d'ennemis à exploser, de boss complètement tarés qui te remplissent littéralement l'écran de projectiles.
   Si la difficulté la plus basse reste accessible au joueur moyen doté de réflexes convenables, dès le deuxième niveau de difficulté, on se chie dessus. Et au quatrième, on doit juste être un genre de surhomme.
   Colorés, toujours durs comme un mec qui sort tout juste de prison et va voir sa première pute, offrant un challenge absolument constant et largement au-dessus des autres shoots disponibles (si on oublie ceux du mythique studio Cave, qui ne sont malheureusement dispos que sur X-Box 360 japonaise...), je ne peux pas le dire autrement : ces deux jeux sont du plaisir en barres. Un plaisir quasiment physique, l'impression d'être revenu aux fondamentaux dont je parlais dans mon intro, au pur plaisir de jeu, débarrassé du moindre parasite. Des nuées d'ennemis, des réflexes de fauve, un compteur de score à faire péter, un jeu qui se fini potentiellement en vingt minutes, et toi qui scotche devant ta télé pendant des heures. Bonheur, je te dis.

Hitogata Happa   (PSN uniquement)
Gundemonium_Hitogata_Happa   Il pourrait presque être glissé en sandwich entre les deux jeux suscités... Mais en fait non.
   Même studio, même univers, même patte graphique, même frénésie à l'écran, mais pas le même gameplay. Ici, le scrolling est vertical, et la gestion de ses personnages vraiment plus importante que dans GundeadliGne et Gundemonium.
   Encore plus dur que ses frères horizontaux, là on parle clairement de l'enfer fait jeu vidéo. La difficulté maximale est telle que je suis incapable de passer la première moitié du premier niveau. Ce qui représente environ trois minutes de jeu. Bref, c'est un jeu pour les joueurs, les vrais. Ceux qui n'ont ni vie ni envie d'en avoir une. Les mecs, je vous respecte.
   A noter que les trois jeux sont proposés en pack sur le PSN pour genre 15 euros, je crois.

Söldner-X 2: Final Prototype   (PSN uniquement)
soldner_x2_final_prototype_08   Plus classique, (beaucoup) plus facile, moins personnel, ce jeu reste quand même un putain de bon truc. Malgré la facilité du jeu (toute relative, le mode de difficulté "cauchemardesque" reste un vrai challenge), il se passe toujours un truc à l'écran, les niveaux sont jolis, l'impression de vitesse vraiment super bien retranscrite, la gestion de l'armement pas vraiment finaude mais efficace, et le système de scoring efficace aussi et même légèrement finaud (à base d'anneaux à ramasser après avoir tué les vaisseaux ennemis et de rythme à garder dans la cadence). Le tout offre vraiment de longues heures à kiffer, notamment via un mode "challenges", qui donne des missions précises, genre "tuer tant d'ennemis dans tel niveau", "finir tel autre sans rater un seul ennemi", "ne se faire toucher que deux fois", "maintenir un multiplicateur de score"...
   Le premier épisode était beaucoup plus générique et mou de la bite, mais là, vraiment, gros bond en avant, et très gros titre du PSN, selon moi. Un shoot superbe, bien pensé et vraiment accessible (ce dernier adjectif ne convenant pas aux trois précédents titres).

Space Invaders Infinite Gene
530spaceinvadersgeneb   Mitigé. D'un côté, c'est cool, ils n'ont pas capitalisé sur le nom "Space Invaders" (l'une des plus grosses légendes du jeu vidéo, et l'un des tous premiers sortis... Si vraiment vous aviez besoin d'une explication...), et ont fait un vrai nouveau jeu, et pas un simple lifting paresseux pour faire rentrer la caillasse.
   De l'autre, en modifiant les fondamentaux de la série (le vaisseau peut désormais décoller son gros cul du bas de l'écran et se déplacer dans toutes les directions, par exemple), bah le studio Taito a fait de ce jeu un shoot vertical assez lambda. Ni trop dur ni trop facile, esthétiquement fidèle à la légende dont il reprend le nom (du vectoriel volontairement pas beau, en plus accompagné d'une bande-son techno à gerber), pas très marquant lors de ses boss, mais plutôt plaisant à jouer... On sait pas trop quoi en penser, donc. On a envie de l'aimer, parce que l'effort d'innovation, parce que la sympathie pour le titre, parce le parti-pris graphique, parce qu'un mode où les niveaux se transforment au rythme de la musique (au passage, c'est clairement le mode le plus cool et original, ils auraient dû le mettre en avant), parce qu'un vrai challenge en difficulté max... Mais en même temps, y'a juste trente-deux fois mieux ailleurs. Mais bon, je sais pas, si on a fini d'explorer "ailleurs" et qu'on a quand même encore les doigts qui tremblent, pourquoi pas...
   Je donne à ce jeu la note de bof/10.