Au taf, bien entendu, au fond de la dépression, toujours, projets sanglants concernant mon patron, évidemment.
   Les conditions idéales sont donc réunies pour revenir sur un détail de mon message précédent. Non, pas les recherches Google par lesquelles les gens arrivent sur cette auguste page. Plutôt "Home Rage", le dernier album en date de Dead Pop Club.

61bvxwhepQL__SL500_AA280_   Parce que ce cd est devenu mon meilleur ami de ce mois d'août Ô combien merdique. Ciel gris, ennui total, silence de mort dans mon crâne.
   Dead Pop Club m'empêche de complètement sombrer et de me laisser aller à passer mes journées allongé dans mon canapé, bavant sur un oreiller et grommelant des suites de mots sans aucun sens à ma télé éteinte.
   Parce que "Home Rage" est le meilleur disque français que j'ai écouté depuis bien longtemps. Depuis "La décadence de la décadence", d'Amanda Woodward, peut-être. Autre style, ok. Autre façon d'envisager le terme "disque français", aussi.
   Dead Pop Club chante en anglais. Et même, si cette phrase arrive à avoir un sens, jouent en anglais (enfin, en américain, plutôt).
   Si je parle de rock français à "l'homme de la rue", ce bon vieux pote va sûrement penser à... Quoi ? Noir Désir ? Qui d'autre ? J'en sais rien, Damien Saez peut-être, Luke, Blankass, ou les trucs genre Ogres de Barback et tout ça.
   Si on se limite à cette définition fournie par l'homme de la rue, il nous sera difficile de dire de Dead Pop Club que c'est un groupe de "rock français". Parce qu'ici, visiblement, on en n'a pas grand-chose à foutre, de Louise Attaque et des potes à Bertrand Cantat. Dead Pop Club, ça convoque Samiam, la Californie, les films d'horreur, Weezer, l'adolescence de Daria Morgendorffer plutôt que celle de Justine Girard.
   Je n'ai jamais rencontré les mecs de Dead Pop Club, mais j'ai l'impression qu'ils sont "des miens". Mêmes obsessions, mêmes prédilections dans les mêmes thèmes, même fantasmes d'adolescences passées dans des fugues cinématographiques ou musicales. Une partie de Donjons & Dragons contre la dépression, un disque de The Ataris contre la peur de l'avenir. Tu vois peut-être ce que je veux dire.
   Ce disque sent le garage de répète, le dvd de "Pump Up The Volume" usé jusqu'à en devenir transparent, l'effort sain et jouissif de mecs qui savent où ils vont, et se paient même le luxe, au passage, de surclasser certaines productions des Alkaline trio et compagnie.
   C'est leur quatrième album, et leur meilleur de très loin. C'est ce que la France a donné de mieux cette année, et c'est peut-être bien ce que cette année a donné de mieux pour le moment, aussi. C'est un disque qui parle de beauté dans la solitude, d'honneur dans le fait d'être un outcast, qui donne force, espoir et structure aux fictions qu'on se construit au quotidien pour supporter d'être en vie.
   Ouais, grand disque, quoi.

(ici devait être intégré le clip de la chanson "Freaks and Geeks", mais comme je suis une merde, je n'arrive pas à intégrer la vidéo à ce texte. Vous devrez donc aller voir le clip vous-mêmes en cliquant ici. Ou . Ou encore .)

P.S. : preuve que mon boulot me déteste autant que je le déteste, j'avais amené le cd de "Home Rage" pour l'écouter, mais la parodie de chaîne hi-fi qui occupe le hall de cet hôtel de merde fait sauter le disque. Normal.