ecriture_memoire_d_un_metier   Stephen King est mon auteur favori.
   Il n'a pas écrit mon livre favori ("L'attrape-coeurs", de J.D. Salinger), mais il a la carrière et le point de vue qui me touchent le plus.
   Je viens de terminer la réécriture d'un roman ("Nous rendrons les hommes bons meilleurs", futur joyaux de la littérature française à n'en pas douter), durant laquelle mon livre de compagnie fut "Ecriture", dont vous pouvez voir la couverture à droite. Je sais, on dirait celle d'un roman d'amour pour mamy. C'est pas moi qu'ai décidé.
   Ce livre n'est pas un roman mais un manuel d'écriture fictionnelle, entrecoupé de longues plages autobiographiques. Je l'avais déjà lu il y a quelques années, mais me remettre dedans m'a rappelé à quel point ce type déchirait, et particulièrement ici. En fait, j'ai même envie de dire que, pour peu que la question de l'écriture vous intéresse un peu (pas besoin de vouloir être écrivain, mais de simplement s'intéresser aux coulisses des mots), ce serait une bonne idée de commencer par "Ecriture", pour les tocards qui n'ont jamais rien lu de King.
   Le mec est drôle, toujours intéressant, sa vie (working-class américaine qui pue, culture des films d'horreur et des livres de science-fiction, boulots de chiens qui s'enchaînent, des gosses, un couple qui vit dans un mobil-home, et puis d'un coup une pluie de bif avec le succès de son premier roman, et derrière une vie d'écrivain à succès, de camé, d'alcoolique repenti, et finalement de type cool) devient un sketch tragi-comique sous sa plume, il parvient à faire de son autobiographie une suite d'instantanés de la culture américaine, et surtout... Bah y'a la partie centrale, celle où il dit que les adverbes c'est de la merde, que tous les mots inutiles doivent dégager, que la deuxième version d'un livre c'est la première - 10%, qu'il faut écrire deux mille mots par jour tous les jours, et qu'il faut arrêter de croire que l'écriture c'est un truc mystique dont on ne doit parler qu'en termes sacrés. King pose ses doigts crades de prolo sur la littérature, et lui injecte son ardeur à la tâche, sa culture populaire, son sens de l'efficacité, sa connexion au quotidien moyen.
   Sans non plus nier les pouvoirs magiques des mots écrits.
   D'où contradiction avec le titre de cet article, mais passons.
   Le type est un putain de stakhanoviste, le revendique, et ajoute un truc important : que c'est pas bien dur de bosser tout le temps quand le boulot en question consiste à écrire ce qu'on aime. On se rappelle : les tafs de merde, il a connu. C'est toujours une bonne chose.
   Alors ouais, par contre, tu sens vachement, dans son point de vue sur l'écriture, que c'est un Américain et pas un Français. Le fond, l'histoire racontée, est pour lui la raison d'être d'un roman, et la forme doit lui être entièrement consacrée.
   Sans être l'exact opposé, la tradition française semble quand même plutôt privilégier l'esthétisme formel à l'efficacité d'une histoire. La parole à Eric (pas sûr que ce soit l'extrait le plus adapté à mon propos, mais Nanard voulait revenir ici).
   Ca se lit vite, et de toute façon vous n'avez rien de mieux à faire de votre été, on le sait tous. Alors rendez-vous service, séchez Secret Story pour un soir ou deux, et initiez-vous au plus grand romancier vivant.

HORSE_the_band_desperate_living   Et puis après vous écouterez "Desperate living", de HORSE The Band. Qui en plus d'avoir une pochette au top du glamour, est en fait le meilleur album sorti en 2009 (même si je ne l'apprends qu'en 2010). Metal épileptique qui ne s'excuse de rien, éructe et casse tout, avec un mélange assez inédit de bonne humeur et de dépression authentique.
   J'avais vu ces mecs en concert en 2004, dans une péniche parisienne (je suis quelque part dans cette foule), et j'avais pris une méchante baffe sur l'oreille. A l'époque, on disait "nintendocore", à cause de leur clavier qui évoque souvent la bande-son de jeux vidéo 80's. Mais oublie ce genre de conneries, amigo, et plonge-toi dans ce truc malade. C'est trop violent et tubesque pour être épargné à quiconque. L'humanité a besoin de ce groupe.
   Et si l'Internazional Postal fait son travail, normalement, on va bientôt en reparler, de ces mecs.
   Mais si vous êtes impatients, lisez leur "guide de tournée", ça vaut quinze tour reports de groupe anarcho-crust bavarrois.

   En attendant, un dernier truc : ce blog, ou plutôt certaines de ses génitales parties, vont bientôt être physiquement lisibles dans un fanzine que je suis en train de faire. Ca va s'appeler "Sidewalks", il y aura des textes inédits et des textes d'ici, quelques interviews, et ce sera bien. Si tout se passe comme prévu (ce n'est pas exclu), ce sera dispo début septembre. Je vous en reparlerai.

   Je vous quitte avec une nouvelle critique offerte à Psychovision par ma plume surdouée. Cette fois ça concerne "Coeur de canard", le premier volume de la série Donjon.
   A plus, bitches.