Non, je ne vais pas me mettre moi aussi à donner mon point de vue sur la "culture geek", sur les dénominations qui l'entourent, sur la mode des t-shirts Mario Bros et sur le phénomène des "outcasts" sociaux.
   Bon, en fait si, je vais faire ça. Comme tout blogger merdique, en fait, non ?
   Sauf que comme je suis un peu génial (ou meilleur que les autres, en tout cas), je vais le faire via deux séries télés dont les titres seuls annoncent à quel point elles sont adaptées au sujet du jour : il s'agit de "Freaks and Geeks" et de "Nerdz".
   A tout seigneur tout honneur, commençons par les Américains (rois du monde, tout ça), et donc par "Freaks and Geeks".

freaks   Diffusée en 1999, cette série est surtout connue pour être à peu près inconnue. Elle a été interrompue au bout de 18 épisodes (et là je vous passe le fait que trois d'entre eux sont des fonds de tiroir... Ha bah non, finalement je vous le dis) fautes de téléspectateurs, et si vous pourrez toujours trouver un groupe Facebook pour vouloir son retour, en gros, tout le monde s'en fout.
   Et je ne sais pas si c'est vraiment une mauvaise chose.
   Je suis partagé au sujet de ce truc. Bon, déjà, attendez. L'histoire. Ca se passe au début des années 80, dans un lycée américain du genre chiant à mourir. On va y suivre d'un côté Sam (le gringalet à rayures horizontales sur la photo), et d'un autre Lindsay (la fille en... Bah la seule fille de la photo, en fait), sa grande soeur. Sam est un geek, un matheux passionné de Star Wars qui se fait bolosser par tout le monde, tandis que Lindsay est une freak débutante. Elle fume, elle écoute du rock, et elle traîne avec des types qui ont des blousons en cuir et des mauvaises notes. Après y'a du personnage secondaire, normal, mais je vais m'abstenir de rentrer dans les détails.
   Ca se regarde avec facilité et plaisir, l'ambiance "american high school" me fait toujours kiffer à mort (rappel : mon film favori est "Donnie Darko", et ma série "Buffy" ; tout est dit), ça joue bien, et l'ambiance est globalement très chouette.
   Sauf que c'est à peu près tout. Et d'accord, c'est déjà pas mal, mais c'est pas suffisant pour ce thème. Les mecs sont censés nous parler des "freaks" et des "geeks". De ce que la population lycéenne compte généralement de plus officiellement naze et infréquentable dans ses rangs. Et finalement, ce que la série nous dit, c'est qu'en fait ce sont des types supers (ça ok, d'accord, je marche), et qu'à la fin, bah même le geek peut se taper la pompom girl, et que tout le monde peut devenir amis, et blablabla, et blablabla, et vas-y que quand ils seront vieux les geeks prendront leur revanche sur les fils de pute qui les frappaient en seconde et qu'ils seront patrons d'IBM ou je ne sais quoi.
   D'accord, sagaces lecteurs, vous me direz que c'est le truc classique des films sur les freaks, et que même l'excellentissime "The Breakfast Club" donne là-dedans. D'acc. Sauf que je vous répond, bande de bâtards, que "The Breakfast Club" et plein d'autres ("The Faculty" ou "Pump up the volume", par exemple) l'ont certes fait, mais avec une mise et en scène et un propos ouvertement "anti-poids de la réalité". Ca remettait en cause le statu quo, et nous disait bien que c'était l'exception qui confirmait la règle, et que rien ne se faisait comme ça, que t'allais en bouffer du gnon, sale freak de merde.
   Dans "Freaks and Geeks", finalement, tout le monde s'avère sympa, du geek de base à la bourge totale, et le darwinisme scolaire devient un truc limite romantique. "Freaks and Geeks" sonne faux. Le portrait est enjolivé, et une réalité dégueulasse y apparaît finalement très sympa. Tout va bien dans le meilleur des mondes, même pour les moches qui aiment Star Wars. A la fin des 18 épisodes, on a passé un bon moment, on a senti les odeurs du lycée, ce genre de trucs, mais on se rend aussi compte qu'on a été brossés dans le sens du poil. Que rien n'a dépassé du cadre et que n'importe qui peut se prendre pour un freak ou un geek. Simplement parce qu'ici, ça paraît génial d'en être un.
   D'ailleurs, aucune surprise quand j'ai vu que c'était Judd Apatow qui produisait la série. Ce thème est son cheval de bataille, et s'il s'en est sorti une fois avec les honneurs, le personnage reste trop consensuel et intégré au Système avec un grand S pour être honnête sur le sujet.
   Reste des trucs cools. Une ambiance générale vraiment chaleureuse. Des acteurs doués. Quelques seconds rôles intriguants, comme l'éternel "beau gosse rebelle" (tout à gauche sur la photo), qui pour une fois est vraiment sympa et pas aussi tête-à-claques que le Jordan Catalano moyen. Et puis la présence à la production et à l'écriture de Mike White, le scénariste des géniaux "School of Rock" et surtout "Orange County", l'un des tout meilleurs teen-movies que j'ai pu voir.
   Bof. Faites-vous votre propre avis. Dix-huit épisodes, c'est pas l'implication d'une vie. Et puis ça peut se regarder ici en streaming, dans une version français bien niquée comme il faut.

   Bon, et là je devrais parler de Nerdz, mais en fait, j'ai plus envie. Enfin, j'ai toujours envie d'en parler, mais pas ce soir. Je ferai ça bientôt. Je sais pas quand. Bientôt. Et ensuite, probablement plus d'articles avant quelques temps, la faute à la fac et à Mirinar.

   Au passage, une nouvelle critique de mon cru sur Psychovision. Il s'agit cette fois de Battle Chasers Volume 1, série dont j'avais déjà parlé ici-même.

   A plus, frères et soeurs.