Bon bah en fait comme je ne suis ni un homme de parole ni un homme de choix, deux faits :
1) il n'y aura en fait pas de deuxième article sur God of War III, tout simplement parce que je n'en ai plus envie. Mais ça reste un jeu qui butera toute ta famille d'un seul coup. C'est juste qu'il m'a déjà valu six cents visites, je veux pas devenir un "blogueur", non plus. Ce qui me mène au deuxième fait du jour :
2) cette page n'est toujours pas blanche. J'arrive pas. Enfin, techniquement si, je sais faire, mais j'aime bien le blanc sur noir. Je sais que je suis dans le faux, juré, mais savoir n'est pas pouvoir. "Survivre la nuit". "Survive the night", comme m'a un jour dit Ginger Spice sous une pluie londonienne. Ou Ian Ziering sous le soleil de Berverly Hills, je ne sais plus. Bref, la nuit. 'Fait peur, ça. Faut du noir.

   Ha, aussi ! Elle est cool, Luce, non ? Si. Ca y est, je peux mettre "Nouvelle Star" dans mes tags. Si on vivait en 2006, ça m'aurait valu autant de visites que God of War III, ça... Tiens, d'ailleurs, je le remets aussi dans les tags, lui.

   Voilà voilà. "Beaucoup de mots différents dans beaucoup de phrases différentes". Il est temps de cesser d'être sérieux et de commencer à parler de "WET", un très bon un bon un moyen jeu de Bethesda Software sorti sur PS3 et XBox360 y'a genre quelques gros mois, peut-être un pack de six ou de huit.
   Un titre du demi-grenier, pourrait-on dire, mais c'est peut-être là qu'ils souffrent le plus, ces pauvres jeux qui n'ont rien demandé à personne et que, d'ailleurs, personne n'a demandé en retour. Les quelques ventes dues au lancement ont été faites, il n'y a plus de pub nulle part pour le jeu, et celui-ci n'est pas encore assez vieux pour avoir le moindre statut "culte", même chez les gens de très peu de goût. Alors pour peu que les critiques aient donné dans le "bien mais pas top", voire le "pourri donc pas top", et qu'elles aient eu plus ou moins raison, hé benh le jeu en question crève de sa sale mort dans les bacs d'occase, et tout le monde l'oublie sans avoir à se forcer.
   C'est ce qui est arrivé à "WET". Et disons-le vite fait pour annihiler à l'avance de potentiels enthousiasmes de ma part : c'est mérité. "WET" est un jeu moyen, et en gros, pour le joueur lambda, voilà, ce sera tout, on circule et on revient pas. "Un jeu moyen". Qui a besoin de jeux moyens alors qu'existent God of War III, Okami, les Silent Hill ou Street Fighter 4 ?
   Bah visiblement moi, au moins, vu que j'ai envie de défendre "WET" et son héroïne, Ruby Malone.

wetps3   La meilleure méthode pour parler de ce jeu me semble être un listage scientifique et sagace de ses qualités et défauts. Ca me semble également être la méthode la plus rapide, ce qui m'arrange plutôt, étant donné que je finis le boulot dans une heure, et qu'il est hors de question que je continue cet article de chez moi. "WET" n'est pas SI bon que ça non plus.

   A tout seigneur tout honneur (je ne sais pas ce que je veux dire par là, mais soyons clairs, personne ne le sait), on commence par les défauts :
- C'est moche. Vraiment très. Genre bien plus proche d'un jeu PS2 que d'un jeu PS3.
- La gestion des sauts a probablement été supervisée par le gamin de sept ans de l'un des développeurs. C'est n'importe quoi, Ruby ne sait ni sauter sur place ni gérer la force de ses bonds, mais par contre, vas-y qu'il y a toujours quelqu'un pour sauter sur une mine ou se laisser tomber dans un trou dès le début du niveau.
- En plus d'être moche, c'est même parfois graphiquement à la ramasse, avec des bugs partout qui font les malins (récemment j'ai été bloqué par une corde qui traînait, et maintenu en l'air sans rien pouvoir faire pendant dix minutes) et des morceaux de décor qui apparaissent d'un coup sans prévenir.
- C'est pas très dur, même en difficulté maximale.
- Le système de scoring essaie de faire croire qu'il pète la forme et qu'il va "tout révolutionner, vous allez voir", mais en fait pas du tout.
- Pas pouvoir passer les cinématiques, c'est très chiant, dans un jeu dont la replay-value tient vachement au score, et donc au fait de se refaire cinq/six fois chaque niveau.
- Du début à la fin du jeu, t'es sur des putains de rails, au centimètre près, et il n'est jamais question que tu t'en écartes. Ce qui est d'autant plus chiant que le gameplay du jeu te laisse croire, au début, que tu vas pouvoir grimper sur tous les immeubles, glisser sous chaque obstacle et explorer chaque centimètre carré des villes visitées. Rêve pas l'ami, t'explorera que ce que les développeurs (de sacrés branleurs, m'est avis, ça devait bien s'astiquer l'asperge, en studio, au lieu de bosser) ont bien voulu modéliser. D'ailleurs, ça pisse pas super loin, étant donné que quand tu tombes dans un quelconque trou (probablement à cause de la suscitée gestion des sauts), tu t'aperçois que le trou n'a pas de fond. Trop long à faire, probablement. Surtout pour un enfant de sept ans.
- Les niveaux manquent de charisme, et à quelques exceptions près, se ressemblent un peu tous.

  Voilà. Haha, on s'est bien amusés ! Super, qu'est-ce qu'on rigole... Whouch, je suis fatigué. Trop de sucre dans le sang, ou le contraire. Continuons avec les qualités de ce jeu (qui en a ; ça arrive même aux pires).
wet_2- Le plus probant : Ruby Malone, l'héroïne, est aussi charismatique qu'un Schwarzenegger des grands jours (ne me jugez pas sur mes références en matière de charisme). C'est une badass de fou furieux, qui ne perd jamais, boit du whisky, n'aime personne, est grossière, à base de "Allez vous faire sucer !", avec la voix d'Eliza Dushku (Faith dans "Buffy"), et pour ne rien gâcher, est dotée d'un cul d'un sex-appeal (passez votre souris sur le bouton rouge pour voir l'image bonus, sinon vous comprendrez encore moins le gag que la phrase que cette parenthèse interminable est en train de consciencieusement exterminer) qui est à lui seul une raison de passer au niveau suivant. Sérieux, ce "sex-appeal" a une manière de bouger qui donne envie de... De poursuivre le jeu, quoi. Au passage, notons tous ensemble que vers les derniers niveaux du jeu, Ruby la bien-nommée (auto-"gnn ?") apparaît en culotte le temps d'une cinématique... Bon, aussi, à ce moment-là, elle est menottée les pieds dans une baignoires et un nain à lunettes de soleil s'amuse à l'électrocuter. Mais ça, ça n'excitera que les plus taquins d'entre vous.
   Bon, de quoi ou parlait ? Ha oui, ouais, voilà, Luce, la Nouvelle Star, voilà... Ruby Malone, je veux dire. "WET". Ses qualités. Je continue.
- On se bat au katana et au flingue en même temps. C'est une qualité en soi. D'ailleurs, le système de figures acrobatiques et de combos fait que même au bout de la quarantième vague d'ennemis tous pareils qui déboule sur moi, j'en n'ai pas eu marre.
- Les niveaux d'entraînement et de scoring se passent dans la planque de Ruby, qui est presque aussi charismatique que sa propriétaire. Un truc post-apocalyptique avec des avions crashés et des stations-services désafectées au milieu du désert texan. Tu kiffes ou tu jartes.
- Tu peux courir sur les murs, t'accrocher à tout et n'importe quoi, glisser au sol, sauter, faire tout ça en même temps, et en plus tirer. Quand tu gères bien le truc, tu te sens tout-puissant. Si tant est qu'un yamakasi est considérable comme cool, ce qui reste à prouver pour tous ceux qui ont vu "Banlieue 13".
- Le scénario (de "WET", pas de "Banlieue 13") est en fait pas trop mal. Pas dingo non plus (trafic de drogue, blabla, chasseuse de primes, blabla), mais ça tient la route.
- Pour ceux que ça intéressent (et j'en fait partie), les trophées du jeu sont faisables, sans être trop faciles non plus. Si on s'accroche, le platinium se décroche. Super jeu de mots.
- L'impression de jouer à l'équivalent vidéo-ludique d'un film de monstres de la Troma ou d'un "rape & vengeance" super B des années 70 s'avère du genre agréable.
wet_3- La plupart des niveaux se ressemblent, ok, mais quand c'est pas le cas, ça bute : course-poursuite sur l'autoroute en sautant de voiture en voiture et en évitant les accidents que vos coups de feu provoquent, chute libre depuis un avion qui explose en plein vol, et plusieurs passages qu'on qualifiera de "à la Mad World", uniquement teintés de rouge, blanc et noir, et pendant lesquels vous êtes super balaise, et encore plus super cool que d'habitude.
- Le jeu a contourné son ratage graphique par un filtre le faisant passer pour une pellicule usée. C'est bien joué. D'ailleurs, de manière générale, le jeu semble avoir fait, contraint ou volontairement on ne sait pas, un "choix artistique". Ca se veut et se pense comme une série B, un truc à petits moyens et petits objectifs, dont on profite habillé d'un t-shirt Iron Maiden, une cannette à la main et des chips dans la bouche. Et ce genre de parti pris, ça me plaît. C'est pas du "triple A", comme on dit des gros jeux, c'est même pas du petit bijou caché, c'est simplement de la merde très charmante, du B qui roule des pelles au Z, qui en a assez conscience pour ne pas faire semblant d'être autre chose. "On n'est pas beau, on baise mal, mais à la fin de la nuit, t'as pas envie de gerber, tu te détestes pas d'avoir à nouveau écarté les jambes pour un inconnu en chemise hawaïenne, et tu te dis même qu'on était assez drôle, et finalement un plan cul valable, l'espace d'une nuit".
- Désormais et même en neuf, cette foirade commerciale se trouve à vingt euros. Quatre paquets de clopes. A ce prix-là, les gens le font, vraiment. Moi, par exemple. Allez, quoi. Pensez à son cul sa badasserie. Ou testez la démo téléchargeable, aussi. Pareil, ça aussi ça se fait.

   Bon bah voilà, c'est tout, et moi je rentre chez moi.