Quelques faits sans grand intérêt, mais d'une badinerie consommée :
- un lien vers mon article sur God of War a été posté sur l'infâme site jeuxvideo.com. En une journée, j'ai eu un peu plus de 400 visites. J'ai beau me sentir comme une Japonaise après un bukkake collectif, j'ai bandé comme un curé au catéchisme (BIM, blague anti-cléricale d'entré de jeu, ça dénonce sec).
- comme j'aime ça, le succès, un deuxième article sur God of War III va bientôt être publié. Ca parlera de Pandore et d'une séquence en image négative. Vous aimerez, à n'en pas douter.
- mes innombrables et bavards lecteurs n'ont de cesse, ces temps-ci, de me demander à corps et à cri de faire passer ce présent blog à une esthétique que les experts nomment "lettres noires sur fond blanc". Je comprends la requête, mais j'hésite. D'une, parce que Maddox, sorte de demi-dieu poilu, me soutient (milieu de page, les nazes). Et de deux, parce que le noir sur fond blanc, c'est un truc de branles-culs parisiens. Je ne collectionne pas les baskets, je considère Judd Apatow comme une grosse merde, je n'ai pas envie de vivre dans un loft et je me fous complètement d'Apple, putain !

   Bon, on va pas se raconter nos vies, non plus. Parlons vite fait bien fait d'un disque. Un seul. Un truc qui ne m'a pas lâché depuis plus de trois ans, et se retrouve à nouveau à supporter mes pensées pluvieuses en cette sortie d'hiver vacillante.

Gratitude "s/t"
album_gratitude   Je suis un énorme fan de Jonah Matranga, le génie derrière cet album de 2005 (oui, Knuckle critique du vieux, mais comme à l'époque vous étiez tous trop occupés à répertorier des sites de cul pour acheter ce disque, cours de rattrapage, baltringues). Enorme genre l'avoir vu une dizaine de fois en concert, avoir une petite quarantaine de disques de lui, et même posséder un disque unique, qu'il a fait spécialement pour moi. Si ça c'est pas la classe, j'abandonne tout espoir de vous désencroûter la tête.
   Bon, tout ça pour dire que je maîtrise le sujet. Et qu'en ma qualité d'expert, je considère ce disque comme son meilleur. Pas le plus subtil, pas
le mieux écrit, pas le plus culte, mais celui qui deviendra la bande-son de votre quotidien, tandis que les autres, trop précieux pour être ainsi manipulés, resteront des monuments un peu trop sacrés. Tu vois ce que je veux dire ?
   Ici on parle de pop-rock FM, du genre à faire honte à Jimmy Eat World et à renvoyer toute l'écurie Drive-Thru faire ses gammes. Jonah est l'un des meilleurs chanteurs américains en activité, doté d'une voix capable de faire n'importe quoi sans jamais se départir d'une émotion désarmée, et ses alliés sont ici pile comme il faut, jamais prodigieux, jamais prétentieux, juste une bande de mecs qui ont dû répéter dans des garages pourris, écouter Archers of Loaf en boucle et apprendre à jouer en au lycée entre un cours de maths et une sortie au mall du coin. Le groupe réussi là où mille autres échouent chaque jour. Un sens du hit immédiat impossible à disséquer, une évidence des mélodies, aucune volonté de sophistication, et une légèreté de l'ensemble qui ne sert jamais à cacher l'amertume et les doutes souvent présents, mais à les sublimer.
   Des chansons énergiques, douce-amères sans jamais ennuager leur luminosité, des hymnes qui pourraient, DEVRAIENT, passer en boucle à la radio, être aimées par des millions de gens, devenir des souvenirs générationnels, et finir sous forme de gemmes intimes qu'on se ressortira les uns les autres dans vingt ans, en se disant "tu te souviens, on écoutait ça le jour où cette fille t'avait plaqué !", "putain, c'était ma chanson favorite à la fac !"... Sauf que le monde est une vieille pute qui fait payer ses passes bien trop cher, et que ce groupe n'a fait que cet album, resté inconnu de tous.
   C'est le soleil de Californie, la fin de l'année scolaire, la bande de potes, les envies d'Amérique, les espoirs à la con quand "la fille" passe dans la rue. Ce disque vous aime, vous le dit, pense que vous allez vous en sortir, vous aide à vous lever pour l'école ou le taf, vous tient la main quand la nuit tombe. Il est là pour vous et ne lâchera pas l'affaire. Mille images par son, mille promesses derrière chacun des murmures de Jonah, mille espoirs derrière chaque coup sur les guitares.
   Soyons sérieux un moment : même avec cinq ans de retard, achetez ce disque, putain.


l_8462af0b52484ac6983d2467570c5686   Bonus track : depuis deux heures, je n'ai écouté qu'une chanson, mais en boucle. La reprise du "Hot in herre" de Nelly par Jenny Owen Youngs. Ca se trouve tout en bas de son lecteur MySpace, et c'est juste à chialer. Ca semblait impossible d'imprégner ça de la moindre émotion, et cette fille y arrive avec une impression de facilité qui me rend amoureux d'elle. Ha, et ses autres chansons sont cool aussi.
   Bon, et puis c'est l'une des trois plus belles filles du monde (les deux autres étant une femme croisée dans le métro ce matin et une étudiante de ma fac dont je ne connais pas le prénom).