Bonsoir, kids. Tel que vous me lisez ce soir (parce que vous me lisez en temps réel, si si, je le sais, je les vois bien, vos quarante connexions par jour à guetter mon prochain article sublime), je viens de poser le point final au premier jet d'un roman qui s'appelle "Nous rendrons les hommes bons meilleurs". Un futur classique de la littérature française, à n'en pas douter.
   (bon, en fait non, parce que j'ai laissé pourrir ce début de message sur le côté, et qu'en fait ce passage a été écrit hier, et pas aujourd'hui...)
   Bref, je suis en verve, en forme, et je fais tout pour oublier que maintenant, ce que je vais devoir écrire, c'est une pile haute comme une pierre tombale de dossiers pour la fac. Balle dans ma tête, bombe dans la Sorbonne. Bleuarf. Tout ça n'a plus aucun sens. J'en reparlerai peut-être bientôt dans une note consacrée. On verra.
   En attendant, parlons de trucs qui comptent, de sujets graves qui mobilisent la jeunesse de ce pays à la dérive : parlons de jeux vidéo.

   Comme déjà mentionné dans cette colonne de très haute tenue intellectuelle, je suis l'heureux possesseur d'une Playstation 3. Oui, l'heureux possesseur. L'HEUREUX POSSESSEUR (plus que quelques jours... Bref). Console nouvelle génération, blablabla, vous voyez le truc. Vous en avez peut-être même une chez vous. Ou une X-Box si vous êtes une version cheap de moi-même. Parce que seul le noir est valable, dans ce monde sans espoir.
   Bref.
   Bref.
   Bref.
   Un truc vraiment mortel qui est en train de se passer avec ces consoles nouvelle génération qui rétame ta mamie à coups de HD dans son dentier, c'est leur connexion internet. Bon, personne ne s'en sert comme "connexion internet", je pense... Parce qu'à moins d'avoir un clavier et une souris compatible, taper le moindre mot avec la manette de la PS3 prend le temps d'environ quatre sms et cinq e-mails.
   Bref.
   Une seule fois, cette fois.
   L'intérêt de cette "connexion internet" n'est donc ni d'aller sur des sites, ni de parler avec tes potes de la Nouvelle Star ou du devoir à rendre pour mardi. L'intérêt, c'est de télécharger des jeux.
   Ouaipsy. Toutes les semaines (le jeudi soir, dans le cas de la PS3) sortent des jeux disponibles uniquement via les serveurs dédiés. Des jeux qui n'existent pas dans le commerce, et qui ne connaîtront généralement jamais de sortie matérielle. Ces jeux sont bien sûr loin des moyens qu'ont les "vraies" sorties, mais on parle quand même de jeux, pas de "mini-jeux". Ils sont généralement disponibles pour un prix allant de cinq à vingt euros, et permettent à des studios débutants ou modestes de sortir leur truc sans trop s'encombrer de soucis logistiques liés à l'édition, la production matérielle et la distribution.
   Donc jusque là, tout le monde est content tout le monde est cool. Mais ce qu'il y a d'encore mieux, c'est qu'au sein de cette "scène punk" du jeu vidéo, s'est développée dès le début une réaction à la casualisation (si vous ne savez pas de quoi je parle, c'est que vous êtes ciblés) et à l'hollywoodisation des jeux actuels.
   En clair, sont disponibles sur le Playstation Network (PSN pour les trues) tout un tas de jeux hardcores, difficiles à finir, infernaux à maîtriser, et foutrement portés sur le score, la performance, l'entraînement et la rejouabilité.
   Et ces jeux, les sites à la jeuxvideo.com n'en parlent que très rarement. Tout le monde semble s'en battre les couilles, vu qu'il n'y a ni pochette ni cinématiques à quatre millions. C'est donc à moi qu'il revient, champion de l'underground et vedette du bon mot, d'en parler. Tous sont dispos sur le PSN, et certains probablement aussi sur le X-Box Live.
   "Remonte ta braguette Pépette, tu vas t'en prendre plein les mirettes".

Blast Factor (PSN uniquement)

blast_factor   Un shoot 'em up crispant. Ton vaisseau est enfermé dans des cellules hexagonales infestées des nuées d'ennemis. Tu le diriges avec le stick gauche, et avec le stick droit tu diriges ton tir automatique. Chaque cellule, techniquement, ne prend qu'une trentaine de secondes à être nettoyée. Et des cellules, en tout, tu t'en fais genre une quarantaine. Donc, si on se souvient un peu de ses cours de maths, bah en vingt minutes t'as bouclé le jeu et tu peux te mettre un pouce dans le cul.
   Sauf que pas du tout, parce que comme t'es une grosse merde, t'arrêtes pas de mourir. Les ennemis sont plus rapides que toi, apparaissent sans prévenir pile sur ta trajectoire, et réagissent tous différemment à tes mouvements. Tu deviens fou et t'abandonnes à ton dix-huitième continue juste avant la dernière cellule.
   L'un des très rares jeux de ma vie de joueur que je n'ai toujours pas fini. Le seul sur PS3.

Braid
braid   Il a un peu fait parler de lui, déjà, ce petit bâtard. De fait, je ne vais pas être trop long.
   C'est un jeu à l'ancienne, ambiance Megadrive, où il faut passer de plateforme en plateforme et sauter sur la tête des monstres pour les tuer.
   Le truc nouveau et cool, c'est qu'un bouton (le plus important), vous permet de "rembobiner" votre partie, aussi loin que vous le voudrez. Tout d'abord, ça vous permet de ne pas tout recommencer quand vous gérez un saut une bière à la main et une clope à la bouche et que vous mourrez comme un hérisson sur l'autoroute. Et ça c'est cool. Mais surtout, quand je vous aurai dit que certains objets ne sont pas affectés par le "rembobinage", que d'autres le sont de manière étrange, et qu'au fur et à mesure du jeu d'autres subtilités s'ajouteront à ce pouvoir initial, vous commencerez sûrement à comprendre que Braid est un jeu à énigmes, et plutôt un champion dans sa catégorie. En plus de ça, le jeu a l'air d'une peinture à l'huile mouvante.
   Truc surprenant : le scénario se révèle bizarrement profond et obsédant, même une fois la scène de fin atteinte.

   Par contre, problème : il coûte dix euros, se fini en quelques heures, et n'offre globalement aucun challenge supplémentaire une fois bouclé le time-attack. Si vous êtes en fond, ça vaut quand même le coup, m'est avis.


Burn Zombie Burn!
(PSN uniquement)
burn_zombie_burn   T'es un mec avec une banane et une chemise à flammes, t'écoutes du rock-a-billy, et toi et ton fusil, vous avez décidé de niquer du zombie et de protéger de la meuf en Cadillac.
   En fait, les trucs de zombies me cassent les couilles, depuis plusieurs années. Les zombies, c'est devenu le monstre alpha, le truc surnaturel que tu ressors quand t'as envie d'avoir un monstre mais pas l'imagination pour. Hop, un zombie. J'ai eu l'impression qu'en 2009, un film sur deux qui sortait avait le mot "zombie" dans son titre ou sa punchline. Et puis cette manie, aussi, depuis quelques temps, de traiter le sujet sur le mode parodique... Putain, mais jamais les gens ne cherchent à se renouveller ? Je suis le seul à avoir un peu d'amour-propre créatif ou quoi ? Bande de baltringues.
   Mais bon, oublions la polémique, parce que ce jeu est cool, en fait. Graphismes PS2 plus que PS3, scénario... Heu, non, pas de scénario, mais système de scoring de BÂTARD. En gros, donc, vous vous baladez dans des endroits fermés (cour d'une caserne militaire, cimetière, parking...) et vous devez tuer le plus de zombies possibles. Ils arrivent par vagues, à l'infini, jusqu'à ce que vous perdiez toutes vos vies. Donc, si vous comprenez, le jeu n'a pas de fin. Il suffit de survivre assez longtemps pour faire le plus gros score possible.
   Et c'est là que c'est cool : avant de tuer les zombies avec vos armes, vous avez la possibilité de les enflammer. Ca ne les tuera pas, et même, ça les rendra un peu plus dangereux et agressifs. SAUF QUE. Bah ouais, sauf que ça va créer un multiplicateur de score. Cinquante zombies enflammés dans le tableau ? Bah chaque fois que vous en tuez un, les points qu'il vous file sont multipliés par cinquante. Gestion du risque, quoi. Ajoutez à ça des bonus liés à l'utilisation de telle ou telle arme (en gros, plus l'arme est merdique, plus elle rapporte de points lorsque vous l'utilisez), une bande-son à la Rocket From The Crypt, et au final, bah ça excuse carrément les zombies. Bon kiffe si t'aimes avoir la plus grosse et lire ton nom dans les rankings de score.

Critter Crunch (PSN uniquement)
critter_crunch_profilelarge   Puzzle-game de son état, ce titre ressemble visuellement à un Pokémon dans la jungle. Je vous épargne toutes les subtilités du gameplay, mais pour faire court et simple (vous connaissant, c'est ce qu'il vous faut), vous devez aligner des "bêbêtes" (franchement, je ne trouve aucun autre mot, ce ne sont ni des insectes ni des animaux un tant soit peu crédibles) afin que les grosses mangent les moyennes, qui elles mangent les petites. Et bien sûr, tout cet écosystème de casses-couilles descend progressivement le long de lianes, pendant que vous, au sol, vous faites n'importe quoi, perdez du temps et paniquez.
   C'est franchement pas mal, beau, ça admet une grosse marge de progression pour ceux qui sont des fans du genre et veulent scorer, c'est pas cher, et en plus, on peut, pour gagner des points supplémentaires, vomir un arc-en-ciel dans la bouche de son fils. Et ça c'est cool, forcément.
   Ha, et ce dessin aussi, est "cool, forcément".

.detuned (PSN uniquement)
_detuned   Newsflash : c'est pas un vrai jeu. Plutôt une espèce de séquence interactive bizarre que je vais avoir le plus grand mal à vous décrire. Un type en costume est assis sur une chaise au milieu d'un décor bleu qui sent la drogue. Et avec les boutons de votre manette, vous pouvez faire danser ce type. Ou lui donner une tête d'éléphant. Ou le faire tourner. Ou remixer la musique de fond. Voilà voilà.
   Un peu moins de trois euros pour une session qui prend toute sa valeur très tard dans la nuit, complètement bourré. Ouais. Pourquoi pas, en fait.

Linger in Shadows (PSN uniquement)
lingerinshadow   Re-newsflash : ça non plus c'est pas un vrai jeu. Plutôt un court-métrage interactif dans lequel un chien volant est transformé en pierre par une espèce de robot-pieuvre, le tout dans une ville vaguement futuriste et crade, ambiance Akira, au-dessus de laquelle vole un temple greco-romain.
   Ouais, voilà.
   De temps en temps, vous pouvez bouger votre manette ou appuyer sur un bouton pour que l'action se poursuive. C'est tout.
   Une démo technique, quoi.
   Par contre, la bande-son est superbe. Et disponible gratuitement sur le PSN.


Matt Hazard: blood bath and beyond
matthazard   Une vraie grosse merde qui se veut être un truc à la Metal Slug. C'est moche, sans âme, même pas frénétique, même pas difficile, même pas drôle. Une corvée. Vraiment, gardez votre argent, il vaut mieux que ça. Genre un paquet de clopes. Ou un disque d'Amanda Woodward, tiens, c'est bien, ça.
   En plus, gros souci : l'avant-dernier monde, dans un souci de variété qui, sur le papier, est défendable, vous met aux commandes d'un module lunaire qu'il faut faire atterrir. Enfin, alunir. Bref. C'est juste impossible : la moindre pression sur le stick envoie votre connerie de module danser la salsa pendant deux heures, et vous finissez toujours par vous écraser. Super.
   Allez, ça dégage et ça crève.


      

Penny Arcade Adventures: On the rain-slick precipice of Darkness (episodes 1 & 2)
penny_arcade   Bon déjà, le titre déchire. Ensuite, juste pour savoir où vous mettez les pieds, c'est un RPG crée par eux, et donnant dans le décalé chelou. Ha, et c'est ordurier comme rarement. Sérieusement, je ne pense pas avoir vu autant de "fucks" ailleurs. Dans l'épisode 2, le dernier boss est un robot géant qui encule une orange. Littéralement. Je ne sais pas bien ce qu'il vous faut de plus.
   Bon, le scénario est en fait plutôt cool, avec une sectes de mimes (...), des robots violeurs de fruits (...), un Cthulhu à béret (...), du jambon de clochards (...), un universitaire passionné par la pisse (...) et la possibilité de palper les couilles d'un rhinocéros dans l'épisode 2. Le système de combat n'est pas trop chiant (c'est toujours le risque avec les RPG), et le rythme ne debande jamais.
   C'est pas vraiment beau, pas vraiment moche, ça joue à mort sur l'esthétique BD et le contexte très 1890 (ou très 1960, selon les moments, on ne sait plus trop et on s'en fout), et ça remplit le contrat. Dix euros l'épisode, environ cinq heures de jeu pour chaque, à vous de voir, moi j'adhère. Ha, normalement deux autres épisodes devaient sortir, sauf qu'ils ont pas dû refourguer des palettes entières des deux premiers, parce que plus personne ne parle de la suite. Dommage.

Super Street Fighter 2 Turbo HD Remix
sfhd   Bon, on va pas en faire des tonnes, lifting du plus important jeu de baston de l'histoire, voilà. Forcément très bon, parfois limite au sujet des nouveaux designs (Akuma est par exemple bien moche), mais tout de même carrément regardable, et une perfection de jouabilité, comme son aîné.
   Par contre, soyons honnêtes, frères et soeurs. A l'heure de Super Street Fighter 4, ce super2turbohdremix fait figure d'objet de collection plus que de véritable jeu sur lequel vous reviendrez. Un objet de collection qui bute, certes, mais un objet de collection quand même. Fanboy ou personne normale, choisis ton camp, camarade.

Wipeout HD (PSN uniquement)
wipeout   Putain, je suis quand même salement nul, aux jeux de courses.
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   Bon, y'avait plein d'autres jeux dont je voulais parler (Super Stardust HD, The Last Guy, Rag Doll Kung Fu...), mais j'ai acheté God of War 3 hier. Il est temps de passer aux choses sérieuses et d'arrêter la gaudriole.
   A plus.